Parce qu’une entreprise est avant tout un collectif humain, son développement dépend étroitement de l’implication de tous les collaborateurs et de leur épanouissement. Frédéric Bonan nous invite à repenser le rôle de l’humain dans le succès des entreprises.

Une entreprise est avant tout un collectif humain

 Il est intéressant de faire remarquer que le mot « entreprise » a un double sens. Il désigne bien sûr d’une part l’entité juridique, douée de la personnalité morale, qui commercialise des produits ou services à une clientèle de consommateurs. Mais le terme fait aussi référence à l’acte d’entreprendre, à l’action humaine qui se manifeste derrière toute entreprise.

Avant d’être une structure, une entreprise est avant tout le fruit d’un collectif formé de femmes et d’hommes. Comme le souligne Frédéric Bonan, fondateur d’I-Deal Development, cabinet de conseil en stratégie, la force d’une entreprise est directement liée à la force du capital humain qui l’anime, la fait vivre et avancer. Plus qu’un phénomène de mode, redonner à l’entreprise sa dimension humaine est plus que jamais un facteur de différenciation, d’innovation et de réussite.

Chacun sait, au fond de lui-même, qu’il est plus efficace lorsqu’il s’adonne à une activité qu’il aime, lorsque cette activité s’inscrit dans un environnement positif et qu’elle est reconnue par les autres. Ce qui est vrai dans la sphère privée vaut aussi dans le cadre professionnel.

Les collaborateurs épanouis dans leur travail sont plus productifs

Plusieurs études ont démontré l’impact positif du bien-être au travail sur la productivité des collaborateurs. Nous nous contenterons d’en mentionner deux :

Ces études s’accordent avec le bon sens. Un collaborateur qui va au travail la mort dans l’âme est rarement un atout pour l’entreprise. A l’inverse, un salarié épanoui dans son travail ne peut qu’être un moteur pour la société. Le bien-être au travail engendre de la motivation et la motivation de l’efficacité.

Si l’épanouissement au travail engendre des gains positifs en termes de performance, il permet aussi de réduire certains coûts qui résultent de climats sociaux négatifs : turn-over, absentéisme… A tous points de vue, le bien-être au travail est une démarche « gagnant-gagnant ».

Les 5 critères d’engagement des collaborateurs

 Positionner l’humain au centre de l’entreprise passe par l’amélioration des relations sociales au travail. L’idée reçue selon laquelle la pression serait la meilleure technique pour obtenir le maximum des salariés est encore très présente dans le monde économique. Plutôt que la pression, anxiogène par nature, les entreprises devraient plutôt encourager l’engagement des collaborateurs.

Cela passe par la mise en œuvre d’une relation managériale fondée sur 5 critères :

  • La confiance et son corrélat, le respect mutuel.
  • La transparence sur les objectifs de l’entreprise, qui permet aux collaborateurs de comprendre le sens et la finalité de leur travail.
  • L’écoute, par la mise en place d’une véritable culture du feedback qui permet de renforcer le dialogue social et de déclencher une démarche positive d’amélioration continue.
  • La responsabilisation des collaborateurs. Plus les salariés sont autonomes dans leur travail, plus ils se sentent valorisés. Donner des responsabilités à ses collaborateurs est aussi une marque de confiance.
  • La reconnaissance, c’est-à-dire la capacité à féliciter ou remercier ses collaborateurs quand ils font du bon du travail. La reconnaissance passe également par une gestion intelligente des compétences et des promotions.

La performance du capital humain au-delà de la question du bien-être au travail

 Si le bien-être au travail est un enjeu décisif pour la valorisation du capital humain, ce n’est pas le seul. Il en existe au moins deux autres, qui sont la capacité de l’entreprise à :

  • Identifier des personnalités à fort potentiel, compétentes et créatives.
  • Former des équipes efficaces, qui permettent de faire jouer au maximum les ressorts de l’émulation et d’amener les individus au meilleur de leurs capacités.

Comme le souligne Frédéric Bonan : « Nous sommes en général tous des gens ordinaires, c’est en faisant des choses extraordinaires que l’on devient ensemble des gens extraordinaires. Chacun d’entre nous a au moins un talent, le bon dirigeant doit le révéler, le stimuler et rendre l’impossible réalisable ». Réussir à recruter des talents et à les faire travailler ensemble de manière symbiotique, voilà des objectifs que devraient se donner toutes les entreprises souhaitant faire fructifier leur capital humain.

Il est nécessaire de repenser entièrement le management des Ressources humaines et d’aller au-delà des visions étroitement comptables, encore dominantes. Le capital humain, les ressources humaines doivent être considérés comme un levier de performance et d’innovation, et non plus comme de simples « moyens » ou, pire, de simples « coûts » pour l’entreprise. Les entreprises compétitives de demain seront celles qui auront compris que leur réussite dépend avant tout des femmes et des hommes qui les composent.