Jusqu’à une époque récente, posséder sa propre voiture ou prendre un taxi étaient les seules options qui étaient disponibles pour des personnes qui désiraient effectuer des trajets en voiture. L’économie du partage a complètement changé la donne en fournissant des alternatives plus commodes, moins coûteuses et plus respectueuses de l’environnement. Des startups comme Uber, Heetch et BlaBlaCar ont complètement révolutionné le transport automobile dans de nombreuses mégalopoles, au point de s’attirer les foudres des acteurs traditionnels du secteur. Dans les lignes qui suivent, nous allons nous intéresser à la façon dont ses trois acteurs ont transformé le visage du transport automobile.

Uber

Uber Technologies Inc. est une société mondiale de technologie de transport dont le siège social se trouve à San Francisco, en Californie, aux États-Unis. L’entreprise opère dans 633 villes à travers le monde. Pour les passagers, Uber est essentiellement synonyme de taxis, et pour les conducteurs, il s’agit d’un service de mise en relation. L’application Android, iOS et Windows Phone connecte les conducteurs avec les clients en utilisant les capacités GPS de leur téléphone, laissant les deux parties connaître l’emplacement de l’autre et supprimant la question de savoir quand le taxi arrivera réellement.

En outre, Uber traite également tous les paiements, facturant la carte de crédit du passager, se reversant de 5% à 20% du montant et déposant directement l’argent restant dans le compte du conducteur. Selon la disponibilité, Uber propose également différents niveaux de service. L’option la moins chère du service, UberX, utilise des voitures de tous les jours comme la Toyota Prius. Uber Black, le service original de l’entreprise, coûte un peu plus cher, mais permet de rouler dans des voitures haut de gamme avec des chauffeurs professionnels. Uber LUX est l’option haut de gamme, qui permet au passager de rouler dans des véhicules luxueux comme les Porsche Panameras et les BMW Série 7 berlines.

Heetch

Heetch est une compagnie française de covoiturage qui ne fonctionne que la nuit. Elle s’adresse avant tout aux fêtards qui rentrent tard la nuit chez eux. La société a récemment recueilli 500 000 $ auprès de Via-ID et a connu une croissance constante au cours de ces dernières années.

Heetch rappelle beaucoup d’autres applications de covoiturage. L’utilisateur entre en contact avec un conducteur en utilisant une application dédiée, et il est possible de faire un don à la fin du trajet. En moyenne, un trajet coûte 12 € et le service est 30% moins cher qu’un taxi parisien.

La plateforme compte quelques centaines de conducteurs, mais cela ne signifie pas que chaque conducteur est sur la route le vendredi ou le samedi soir. Lors d’une soirée type week-end, il y a 50 conducteurs qui acceptent de faire des trajets avec les couche-tard.

BlaBlaCar

BlaBlaCar est une communauté de covoiturage longue distance conçu en décembre 2003 par Frédéric Mazzella et fondé en 2006. BlaBlaCar met en relation des conducteurs et les passagers désireux de voyager ensemble entre les villes et de partager le coût du voyage. BlaBlaCar compte plus de 600 employés et plus de 35 millions de membres dans 22 pays.

Le modèle économique de la start-up est conçu pour les longues distances et s’adresse aux automobilistes qui cherchent à remplir des sièges vides pendant des trajets qu’ils auraient effectués de toute façon. Les membres doivent s’inscrire et créer un profil personnel en ligne, qui inclut les notes et les critiques des autres membres.

Une démocratisation de la voiture

L’utilisation de la voiture introduite par Uber, Heetch et BlaBlaCar  profite aux personnes qui peuvent bénéficier des avantages d’un véhicule personnel sans avoir à assumer les coûts et les responsabilités associés à la possession d’une voiture. Au lieu de cela, un ménage accède à une flotte de véhicules en fonction de ses besoins.

L’utilisation de la voiture dans le cadre de l’économie du partage se distingue des locations de voitures traditionnelles par plusieurs aspects. Le service n’est pas limité aux heures ouvrables. La réservation, l’utilisation et le retour sont tous en libre-service et les véhicules peuvent être loués à la minute, à l’heure et à la journée. Le remplacement des voitures personnelles par des voitures partagées réduit directement la demande de places de stationnement. Le fait que seul un certain nombre de voitures puisse être utilisé à un moment donné peut réduire la congestion routière aux heures de pointe.

Une pléiade d’avantages

La commodité est le principal avantage des services de covoiturage. Il est toujours possible de trouver un conducteur pour rentrer à la maison ou aller n’importe où. Il n’est pas nécessaire de faire une réservation. Pour faire une course, il suffit d’ouvrir l’application sur son appareil mobile et de sélectionner son emplacement pour savoir à quelle distance se trouve le conducteur le plus proche. Les frais peu élevés sont un autre grand avantage des services de covoiturage. Les tarifs sont beaucoup plus bas par rapport aux services de taxi traditionnels. Dans de nombreuses villes, les tarifs Uber, de BlaBlaCar et Heetch représentent environ un tiers de ce que les compagnies de taxis facturent.

Tous les aspects des services de covoiturage sont gérés par des applications mobiles. Pour utiliser le service, il suffit de configurer ses préférences de paiement sur son téléphone. Lorsqu’on effectue un trajet, le tarif est traité par l’application et il n’y a pas nécessaire d’avoir de l’argent liquide. Pour les conducteurs, les services comme Uber, Heetch et BlaBlaCar représentent des moyens très faciles de se faire de l’argent. Nulle besoin d’une licence de taxi qui coûte des centaines de milliers d’euros dans certaines capitales. En plus de cela, il n’y a pas lieu de payer un quelconque impôt dans la plupart des pays.

Une réduction des émissions de gaz à effet de serre

Les voitures personnelles ont été reconnues comme la première source de nuisance en matière de pollution urbaine. Ces véhicules transportent la plupart du temps une unique personne et contribuent grandement aux bouchons qui accentuent la pollution et les émissions de gaz à effet de serre. Cette situation a d’ailleurs conduit de nombreuses villes à restreindre l’accès des véhicules personnelles au centre-ville à certains moments de la journée.

Le covoiturage et les nouveaux usages de la voiture introduits par Uber, BlaBlaCar et Heetch permettent de solutionner en partie ce problème. Si au lieu d’utiliser chacune leurs voitures personnelles, 5 personnes se mettent ensemble pour effectuer un trajet, elles divisent par 5 leur impact écologique et participent par la même occasion à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cette assertion reste vraie dans le cas d’une économie du partage où règne des règles équitables. Lorsque le partage de voitures prend des allures industrielles, les choses changent sensiblement. Des études récentes ont montré que dans ce cas, le covoiturage pourrait empirer la situation.

Des services parfois controversés

Les services de covoiturage et notamment Uber ont provoqué de vives protestations chez les autres professionnels du secteur. Le service a été accusé de concurrence déloyale par les taxis. Alors que les taxis doivent débourser des sommes considérables pour leur licence et s’acquitter de taxes et d’impôt, ceux d’Uber n’ont aucune licence et ne s’acquittent généralement pas de taxes relatives à la profession de transporteur.

Dans toutes les villes où il opère, Uber a le statut d’entreprise technologique et non celui de compagnie de transport alors que c’est de là que l’entreprise tire ses revenus. Conséquence : la compagnie ne s’acquitte d’aucun des impôts et des taxes que doivent payer les entreprises qu’elle concurrence. Dernièrement, l’Union Européenne a changé le statut d’Uber en celui d’entreprise de transport.

Uber, BlaBlaCar et Heetch permettent une utilisation alternative de la voiture en permettant à leurs utilisateurs de profiter des services d’une voiture sans avoir à en posséder. Il faut cependant noter que ces entreprises ne sont pas les inventeurs de ce concept qui est vieux de plusieurs décennies. Ces plateformes permettent une vulgarisation du concept, mais le vident également de sa substance.